
La
commune tient son nom de saint patron Oyend (patron des trois
villages Saint-Oyen au Val d'Aoste, Saint-Oyens dans le canton
de Vaud et Saint-Oyen en Tarentaise), en latin Eugendus, quatrième
abbé de Condat aujourd'hui Saint-Claude dans le Jura. Au
cours des siècles, le nom du village s'est orthographié
différemment. En 1170, on trouve "ecclesia de Sancto
Eugendo".La plus ancienne forme française est Saint
Hoyend en 1638. On trouve également Saint Hoyen en 1723
qui devient, sous la terreur, Primejour pour finalement devenir
Saint-Oyen en 1795.
La population a gardé
une certaine stabilité sur quatre siècles. En 1561,
au recencement des "consignes du sel", (dénombrement
des habitants et du bétail paroisse par paroisse en vue
de la perception de la gabelle), elle s'élevait à
200 habitants c'est à dire autant qu'aujourd'hui. Mais
cela ne l'a pas empêchée de connaître quelques
fluctuations durant les siècles. Au XIXe siècle,
une découverte archéologique permet d'établir
que l'occupation humaine de Saint-Oyen remontait à l'Age
du Fer (500 ans av. J.C).
Durant
les siècles qui suivent cette précense humaine,
les destinées du village restent obscures. Toutefois, on
sait que la paroisse existe en 1170 et est alors comprise dans
le "lot de la mense capitulaire": les biens et la dîme,
c'est à dire le dixième de la récolte, perçus
par l'église de Saint-Oyen reviennent aux chamoines du
chapître Saint-Pierre de Moûtiers. Saint-Oyen fut
également le siège d'une seigneurie qui comprenait
la commune Le Bois et celle de Doucy. Cette seigneurie fut érigée
en baronnie en 1781, en faveur de la famille noble de Chevillard,
famille qui se lança dans les affaires.
Dès
1792 et l'invasion française du duché, la Savoie
est touchée par la tourmente révolutionnaire.
Autour du 14 octobre 1792, se déroulent les assemblées
primaires des communes de Savoie. Chaque commune est invitée
à se réunir pour élire un député
et deux suppléants qui devront se rendre à Chambéry
pour y délibérer avec les députés
des autres communes "sur les grands intêrets de la
Patrie et apporter le voeu de leur commune sur le mode de gouvernement
que la Savoie doit adopter". Les communiers de Saint-Oyen
,lui octroyant des pouvoirs illimités, choisissent Jacques
Truchet, laboureur, qui contribue au vote unanime " de faire
partie intégrante de l'Empire français". La
Savoie devient définitivement française en 1860.
Si pendant
la deuxième guerre mondiale, Saint-Oyen ne souffre pas vraiment des restrictions,
la commune subit l'occupation allemande, en particulier au moment de la libération.
Le 6 août 1945, juste après le parachutage des Saisies, les Allemands
quittent les lieux pour occuper de nouveau la commune de Moûtiers.
Témoins
du passé mais aussi d'une tradition bien ancrée
dans nos vallées alpines, Saint-Oyen possède deux
chapelles, Saint-Roch et Notre-Dame-du-Puits et une église
de style baroque (XVIIe siècle).
La chapelle Saint-Roch est achevée en 1634, soit quatre
ans après la peste de 1630. Elle est dédiée
à Saint Roch, Saint Fabien et Saint Sébastien invoqués
contre cette maladie. Les habitants dotèrent la chapelle
de biens qui rapportèrent annuellement un bichet de froment,
deux bichets de seigle, deux bichets d'orge et 6 florins. Les
recteurs qui s'y succédèrent devaient y célébrer
une fois par mois. Les habitants du village en eurent le patronage
dès le commencement et le gardèrent jusqu'à
la Révolution.
De
l'église primitive il ne reste aujourd'hui pratiquement rien si ce n'est
la cuve des fonds baptismaux à gauche de l'entrée. Elle fut remplacée
par l'église actuelle en 1655. La voûte fut terminée en 1690.
La nouvelle église fut consacrée le 5 septembre 1701 par Mgr. François
Amédée Millet de Challes archevêque de Tarentaise. Son plan
est simple, en forme de croix latine. L'édifice comprend trois travées
séparées par des pilliers cruciformes qui supportent une voûte
d'arêtes. Chaque pilier est surmontés d'un chapiteau ionique remarquable
par ses volutes. La porte qui est en trois parties se compose d'un damier de seize
panneaux ornés de losanges et de carrés. Elle est surmontée
d'une imposte en demi-cercle décorée de panneaux triangulaires dont
les pointes convergent vers le centre. Plus haut sur la façade,dans une
niche,une statue en bois polychrome de Saint-Oyen, saint patron des lieu, veille
sur la paroisse. Le clocher à quant à lui été refait
en 1710 et 1804.L'élément principal du décor est le retable
majeur qui comporte un monumental tabernacle à trois étages et disposé
en escaliers.
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